La double mission
d'Angélique Kidjo dans le Nord
de l'Ouganda : sensibiliser aux
dangers du VIH/SIDA et faire
renaître l'espoir
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© UNICEF/HQ06-2034/Asselin |
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Angélique Kidjo,
Ambassadrice itinérante
de l'UNICEF, en
compagnie d'une jeune
enfant et de sa mère (à
l'arrière-plan à droite)
au centre d'alimentation
thérapeutique de
l'hôpital régional de
Lira dans le Nord de
l'Ouganda. |
Par Sarah Crowe
DISTRICT de LIRA, Ouganda, 21
novembre 2006 - Au cours d'une
visite officielle de deux jours
effectuée dans le Nord de
l'Ouganda, une région qui émerge
à peine d'un conflit prolongé,
Angélique Kidjo, la célèbre
musicienne africaine et
Ambassadrice itinérante de
l'UNICEF, a transmis son message
sur la prévention et le
dépistage du VIH. Elle l'a
transmis d'une manière originale
- en dansant avec les femmes et
en sautant à la corde avec les
filles.
Mais dans une région qui
connaît les taux d'infection par
le VIH les plus élevés du pays,
cette mission représentait un
formidable défi. Mme Kidjo a
profité du premier anniversaire
du lancement en Ouganda de la
campagne UNISSONS-NOUS POUR LES
ENFANTS CONTRE LE SIDA pour
marteler son message.
« Vous devez-vous faire
tester - c'est ce que je vous
demande, » a-t-elle répété au
cours de ses multiples visites
de camps de personnes déplacées.
« Votre pays a besoin de vous,
nous avons besoin de vous pour
développer l'Afrique. »
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© UNICEF/HQ06-2034/Asselin |
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Dans le village d'Alela,
situé au Nord de
l'Ouganda dans le
district de Lira,
Angélique Kidjo écoute
les témoignages
d'enfants victimes
d'enlèvement. |
Crise humanitaire
En Ouganda, deux décennies de
conflit armé, d'enlèvements
répétés et de violences
sexuelles systématiques, qui ont
causé le déplacement de 1,6
million de personnes qui vivent
aujourd'hui dans des camps
surpeuplés, ont provoqué et
exacerbé une grave crise
humanitaire - avec pour
conséquence des taux d'infection
au VIH très élevés et un accès
très difficile aux services
essentiels.
Et ce sont les enfants qui
sont les victimes principales de
cette situation, forcés de fuir
leurs villages la nuit pour
trouver un abri et échapper aux
enlèvements commis par les
rebelles. Les filles enlevées
ont souvent été livrées comme «
femmes » aux commandants
rebelles, les garçons forcés de
transporter des armes ou de
combattre. Une fois de retour
dans leurs villages, un grand
nombre d'entre eux ne sont plus
acceptés par leur communauté.
Ces terribles événements sont
encore très présents dans la
mémoire des enfants accueillis
dans un centre soutenu par
l'UNICEF et proche du camp d'Agweng;
ils ont montré à Mme Kidjo leurs
dessins qui décrivent des scènes
d'enlèvement et de violence.
«
Aidons-nous nous-mêmes »
« Voir comment ces enfants
ont été traités me rend
furieuse, déclare Mme Kidjo, on
les a forcés à vivre comme des
bêtes. J'en ai honte en tant
qu'Africaine. »
« Mais il y a aujourd'hui un
réel espoir de paix, nous devons
faire tout notre possible pour
aider ces enfants, »
ajoute-t-elle en référence à
l'annonce récente du
gouvernement qui a conclu une
trêve pour mettre fin aux
hostilités avec les rebelles de
l'Armée de résistance du
Seigneur (Lord's Resistance Army).
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© UNICEF/HQ06-2034/Asselin |
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Angélique Kidjo félicite
des travailleurs de la
santé pour leur travail
au centre de dépistage
du VIH/SIDA du camp de
personnes déplacées d'Agweng,
situé près de la ville
de Lira, dans le Nord de
l'Ouganda |
« L'Ouganda a commencé à
réagir vraiment très tôt à
l'épidémie de VIH/SIDA, mais à
cause du conflit les chiffres
ici sont restés élevés, note Mme
Kidjo. Avant d'appeler à l'aide
les gens des pays riches, nous
devons commencer par nous aider
nous-mêmes. »
La réaction de l'Ouganda à la
crise du SIDA a été un modèle
pour les autres pays africains
et a permis d'obtenir depuis
1992 une baisse spectaculaire au
niveau national des taux
d'infection au VIH. Environ 50
pour cent de gens qui ont besoin
de traitement en reçoivent un.
Dans le Nord, un nombre
croissant de personnes sont
testées et obtiennent un
traitement.
Prévention, dépistage et
traitement
« Notre objectif consiste
maintenant à continuer à réduire
la vulnérabilité de ces
habitants du Nord et à nous
assurer qu'on peut commencer à y
assurer des services de
prévention, de dépistage et de
traitement du VIH/SIDA, »
déclare Martin Mogwanja, le
représentant de l'UNICEF en
Ouganda.
« Ils ont été forcés de vivre
entassés les uns sur les autres,
ajoute-t-il. Le tissu social a
été complètement déchiré.
Maintenant que les gens
commencent à repartir chez eux,
nous devons être sûrs que les
taux d'infection au VIH que nous
connaissons ici ne se
reproduiront pas dans les
villages. Sinon, nous
n'échapperons jamais au cycle de
transmission du SIDA. La paix
est une chance formidable et
nous devons la saisir. »
Les signes d'amélioration
semblent positifs mais les
femmes de 14 à 19 ans sont
toujours exposées au risque le
plus élevé d'infection par le
VIH, l'objectif principal est
donc maintenant de donner à ces
jeunes filles le contrôle de
leur propre vie. Par sa visite,
Mme Kidjo cherche à encourager
les signes d'espoir et à aider
les enfants du Nord de l'Ouganda
à entrer dans une nouvelle ère
de paix et de sécurité.